Renforcement de la résilience aux risques climatiques et de catastrophes dans le contexte de la crise du Covid-19

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Les pays ACP sont parmi les pays au monde les plus vulnérables aux aléas naturels et aux effets néfastes du changement climatique. Depuis début 2020, la région de l’Afrique de l’Est affronte une infestation de criquets, augmentant le risque d’insécurité alimentaire dans la région. Dans les Caraïbes, la communauté scientifique s’accorde sur une saison d’ouragans plus forte que la moyenne pour 2020. De plus, un cyclone tropical de catégorie 5 s’est formé dans le Pacifique en avril 2020, causant des pertes de vie et des dommages matériels considérables aux Fidji, au Tonga, et au Vanuatu. Les gouvernements de ces régions ont dû s’adapter rapidement aux réalités de la pandémie du Covid-19 et de ses impacts, tout en continuant à investir dans le renforcement de la résilience aux aléas naturels, dont les effets seront amplifiés par la pandémie. 

Les pays ACP font face à une pression financière accrue pour aborder la préparation, la résilience, et la réponse aux catastrophes du fait du bouleversement économique engendré par la pandémie. Pour faire face à ces défis, les pays ACP ont renforcé leur résilience financière aux aléas naturels grâce à certains outils financiers tel que l’opération de financement d’option de retrait différé pour les risques liés aux catastrophes (Catastrophe Deferred Drawdown Option - Cat-DDO).  Ce dernier fournit aux pays des financements préétablis qui peuvent être activés immédiatement à la suite d’une catastrophe, tout en permettant aux gouvernements de renforcer les aspects légaux, politiques, et institutionnels de leurs politiques de GRC. 

Au 30 juin 2020, et en réaction a la pandémie de Covid-19, neuf pays ACP ont déclenché un Cat-DDO, accordant le décaissement de fonds préapprouvés afin de soutenir les gouvernements concernés dans la préparation et la réponse aux aléas naturels. Six de ces opérations ont reçu un soutien du programme ACP-UE NDRR (Malawi, Seychelles, République dominicaine, Tuvalu, Vanuatu, et Samoa), et trois autres ont reçu un soutien de l’Initiative de financement des risques de catastrophes en Afrique (Cabo Verde, Kenya, et Madagascar).  Grâce au soutien de ces Programmes ACP-UE, des activités d’assistance technique et de renforcement du dialogue politique ont permis de concevoir et d’aider ces pays a accéder à des opérations de Cat-DDO, permettant par ailleurs de renforcer leurs cadres de GRC nationaux respectifs. 

Trois exemples soulignent comment plusieurs projets ACP-UE NDRR ont soutenu certaines actions préalables essentielles pour l’approbation des opérations de Cat-DDO dans ces pays. Le Département de gestion des catastrophes du Malawi a révisé son cadre institutionnel pour intégrer le changement climatique et la GRC dans sa politique de développement urbain, et le conseil municipal de Lilongwe a investi dans la planification des risques d’inondation, permettant de soutenir l’élaboration de l’opération d’appui aux politiques de développement et le Cat-DDO de gestion des risques de catastrophes de 70 millions de dollars financé par la Banque mondiale, qui avait été approuvé en juin 2019. En République dominicaine, le gouvernement a amélioré sa capacité à collecter des données et à quantifier les pertes économiques liées aux catastrophes naturelles, tandis que son ministère des finances a développé de nouvelles capacités techniques en termes de financement des risques de catastrophes, contribuant ainsi à l’approbation de l’opération d’appui aux politiques de développement avec Cat-DDO de 150 millions de dollars financé par la Banque mondiale, approuvée en septembre 2017. Le Samoa a appliqué des codes de construction nationaux récemment révisés, réduisant le risque posé aux bâtiments par les cyclones et les inondations, atteignant ainsi ses propres conditions pour un financement dans le cadre de la Deuxième opération d’appui aux politiques de développement de résilience avec Cat-DDO de 13,7 millions de dollars financée par la Banque mondiale et approuvée en novembre 2018.  
      
Les pays ACP ont par ailleurs développé leurs propres réponses à la pandémie et les intègrent à leurs institutions et stratégies de préparation et d’intervention face aux catastrophes. Par exemple, en Eswatini, alors que l’Agence nationale de gestion des catastrophes mène et coordonne la réponse nationale face au Covid-19, celle-ci continue de développer une stratégie de prévention et de réponse aux sècheresses. Dans les Caraïbes, l’Agence de gestion des urgences et catastrophes des Caraïbes (Caribbean Disaster Emergency Management Agency - CDEMA) fait usage d’une nouvelle feuille de route stratégique et d’un plan d’investissement pour gérer la double crise de la pandémie et des impacts des ouragans qui risquent de survenir lors de la saison de 2020. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, une évaluation des systèmes de préparation, de réponse, et de relèvement face aux catastrophes naturelles est en cours de mise en œuvre afin d’appuyer le Centre national de catastrophes, prenant en compte les risques liés aux urgences sanitaires et aux pandémies. 

Les pays ACP mettent en œuvre des ajustements clefs afin de s’adapter aux défis posés par la crise du Covid-19, tout en conservant leurs capacités à se préparer et à répondre aux aléas naturels. En réduisant les chocs financiers causés par la pandémie et en renforçant la capacité de préparation et d’intervention, ces pays pourront continuer d’investir dans la résilience aux catastrophes naturelles et améliorer leurs cadres institutionnelles d’intervention.